Formation

Lundi 9 janvier 2006


« Quel genre de monarchie souhaitez–vous ? », c’est la question qu’on finit toujours par poser à un royaliste. Cette question peut paraître oiseuse tellement notre objectif paraît éloigné. Pourtant, il est extrêmement important que nous soyons tous en mesure d’y répondre, car, en l’absence de précision, on pourrait penser que nous n’avons pas réellement réfléchi à ce problème fondamental.

Avant d’exposer quelle sorte de monarchie nous souhaitons, il faut commencer par indiquer en quoi la République est nocive pour notre pays.

Nous sommes royalistes pour le bien de la France

    Car, il ne faut jamais l’oublier, nous sommes des monarchistes de raison. Nous ne sommes pas royalistes par nostalgie ni par sentimentalité. Nous sommes royalistes parce que nous sommes des bons français, attachés à la sauvegarde de notre pays et que, pour exister et survivre, la France a besoin d’un roi. Car, tous les historiens le reconnaissent aujourd’hui, la France est le résultat de l’action de nos rois. Ernest Renan le disait déjà au siècle dernier : « La politique capétienne arrondit le lambeau ( le domaine royal à l’origine ) et en huit cent ans fit la France comme nous l’entendons, la France qui a créé tout ce dont nous vivons, ce qui nous lie, ce qui est notre raison d’être. La France est de la sorte le résultat de la politique capétienne continuée avec une admirable suite. » Au contraire, la République Française se termine toujours en catastrophe. Les deux premières Républiques se sont terminées par le césarisme et celui-ci, par deux fois, s’est achevé par une sévère défaite militaire : Waterloo pour le premier Empire, Sedan pour le second. La troisième République n’a même pas eu besoin de l’étape intermédiaire du césarisme pour aboutir à la catastrophe : elle s’est écroulée en juin 1940 après la plus effroyable défaite militaire que la France ait connue. Quant à la quatrième République, elle est morte à Dien-Bien-Phu et à Alger, dans les tristes conditions que l’on sait.

La division : une spécialité bien française

    Il me faut aussi parler d’une caractéristique de notre peuple, à savoir son goût invétéré pour la division. C’est une constante dans notre histoire : les français se divisent entre eux. Il en a toujours été ainsi. Songez qu’au moment de la conquête de Jules César, au dernier siècle avant notre ère, les gaulois, partagés en une cinquantaine de tribus, se disputaient entre eux et même parfois se faisaient la guerre. Si César a pu conquérir la Gaule avec seulement 16 légions – on dirait aujourd’hui 16 régiments – alors que la Gaule était déjà peuplée de 5 millions d’habitants, c’est que certaines tribus gauloises se sont alliées aux romains et parfois ont combattu à leur côté contre les autres tribus gauloises. De même, pendant la guerre de Cent Ans, la France était divisée entre deux factions, les Armagnacs et les Bourguignons, ces derniers étant alliés des Anglais... Semblablement, pendant les guerres de religion, les extrémistes qui suivaient les ducs de Guise s’étaient alliés aux Espagnols contre Henri III, puis Henri IV.

En ce qui concerne les IIIème et IVème Républiques, il faut remarquer que ces deux régimes étaient ce qu’on appelle des : « régimes d’assemblée », c’est-à-dire des systèmes politiques dans lesquels l’organe le plus important, celui qui détient le véritable pouvoir, est l’assemblée nationale ou la chambre des députés, quelque soit le nom qu’on lui donne. Dans ce régime, le Président de la République n’a aucun pouvoir et les ministres dépendent du bon vouloir de l’assemblée. Or, la division des français dont nous parlions tout à l’heure se reflétait dans la composition de l’assemblée, qui était en permanence en équilibre instable. C’est ainsi que pendant les douze ans qu’a duré la IV ème République ( 1946 – 1958 ) vingt cinq gouvernements se sont succédés, la durée moyenne de vie d'un gouvernement étant de six mois ! Autant dire que notre pays, quelques puissent être les qualités des ministres, n’était pas gouverné. Il voguait de-ci, de- là, comme un bateau ivre... On comprend pourquoi Charles Maurras appelait cette forme de République: « la femme sans tête » !

Il n’y a pas de bonne République

   En 1958, le général de Gaulle a cru que la Vème République, qu’il venait d’instaurer, allait guérir la République de ces maux. Lourde erreur ! Certes, le Président de la République n’est plus une potiche et la durée de vie moyenne des gouvernement tourne autour de deux ans et demi. Mais les vices inhérents à la démocratie demeurent. Car Charles de Gaulle, qui vitupérait le « régime des partis » quand il était écarté du pouvoir, n’a eu rien de plus pressé, quand il est revenu aux affaires, que de créer son propre parti, qui depuis lors guerroie contre les autres dans la guerre civile sans coup de feu que subit notre pays. Les élections, qu’elles soient présidentielles, législatives, départementales, régionales, sénatoriales, européennes, sont de bonnes occasions pour en découdre. Pendant ce temps, la France attend les décisions dont elle a besoin. Passé six mois après les élections, c’est l’immobilisme, d’ailleurs institutionnalisé pendant les périodes dites de « cohabitation », c’est-à-dire lorsque le Président est d’un parti, et la majorité de l’assemblée de l’autre. Non, décidément, la démocratie de convient pas à la France.

Précisons que nous sommes pas contre la démocratie par hostilité aux scrutins populaires et encore moins par je ne sais trop quelle nostalgie fascisante : nous sommes contre la démocratie quand elle ne marche pas. A ce sujet, laissez-moi vous conter une anecdote : dans les années soixante, quand j’étais le secrétaire de la Section de l’Essonne, mon président de Section était mon maître et mentor, Félix Duraud, un homme exceptionnel qui avait été secrétaire de Charles Maurras et directeur de l’Imprimerie d’Action Française, et qui donc avait côtoyé notre maître tous les jours pendant plus de dix ans. Je rédigeais un bulletin de Section puisque j’étais secrétaire, mais bien sûr, j’en soumettais toujours le projet à Félix Duraud, pour connaître ses observations. Un jour, dans je ne sait trop quel article, j’ai écrit la phrase : « la démocratie est valable au niveau de la commune ». Et Duraud, lorsque je lui ai soumis le projet, a rayé le mot : « valable » et l’a remplacé par : « légitime ». La démocratie est légitime au niveau de la commune, telle était devenue ma phrase. Pourquoi la démocratie est–elle légitime au niveau de la commune? Parce qu’une commune est à taille humaine et que tous les électeurs comprennent peu ou prou le sens des décisions à prendre ou des programmes proposés. Dans une commune rurale, si un candidat-maire dit qu’il faut réparer le chemin vert, même l’idiot du village connaît le chemin vert et sait bien qu’il est rempli de trous et de bosses et, donc, qu’il doit être réparé. Dans une commune plus importante, si le candidat-maire propose de construire une piscine, tous les électeurs ont une idée de l’intérêt d’en faire construire une, et il y en a toujours un, un peu plus malin que les autres, qui va poser la question : « et combien ça va nous coûter ? » Même les grandes agglomérations sont divisées en arrondissements, dont les problèmes sont à taille humaine et donc les électeurs peuvent comprendre les problèmes et donner un avis valable. Aux échelons supérieurs, au contraire, la démocratie disparaît car les devoirs d’un élu en tant que représentant de la population de sa circonscription entrent en conflit avec les obligations qu’il a en tant que membre d’un parti. Ces obligations sont d’abord de nature idéologique, mais surtout son obéissance conditionne la poursuite de sa carrière politique, c’est-à-dire son gagne-pain. Parfois, la démocratie se transforme purement et simplement en oligarchie. Le modèle, on pourrait dire la caricature, de l’escroquerie démocratique apparaît dans les référendums, car les électeurs ne possèdent aucunement les connaissances et les compétences leur permettant de prendre une décision éclairée dans ces domaines. Il en a été ainsi notamment lors du référendum sur le traité de Maastricht en 1993. Rappelez-vous : on a envoyé à tous les électeurs un livre de 200 pages, écrit serré, contenant le texte du traité et de toutes ses annexes. Pas plus de mille personnes en France n’étaient capables de comprendre ce texte, car il fallait pour cela, non seulement être un juriste, mais encore un juriste connaissant le droit européen et le texte de tous les traités antérieurs. Si c’est cela, la démocratie, c’est se moquer du monde !

Une monarchie moderne

   Venons–en maintenant à la monarchie que nous souhaitons. D’abord une certitude : La monarchie ne sera pas, elle ne peut pas être, la copie conforme du régime qui existait avant 1789. Ce serait une absurdité totale, une sottise absolue. Pourquoi ? Parce que la société française d’aujourd’hui ne correspond en rien à la société d’ancien régime. Rappelons que celle-ci était fondée sur des « ordres », catégories de la population dotées de certains pouvoirs en contrepartie de certaines obligations. Ces trois ordres étaient : la noblesse, le clergé et le tiers-état. Qu’en est-il aujourd’hui ? La noblesse n’existe plus en tant que catégorie sociale particulière. Dans la plupart des cas, et en particulier sur le plan professionnel, rien ne la distingue plus de la bourgeoisie. Seuls, une certaine manière d’être et de traiter les autres, la courtoisie, l’élégance dans la tenue et dans les manières et un certain respect des traditions, les en différencie. Quand au clergé, et sans aucunement manquer de respect envers l’Eglise, il est bien clair que la situation actuelle du clergé catholique ne correspond en rien au clergé d’ancien régime. D’ailleurs , je suis sûr que la quasi-totalité des prêtres et des évêques français, mais aussi le pape, refuseraient de laisser le clergé, en tant que tel, prendre part au pouvoir politique de notre pays. En clair, loin d’être une reproduction à l’identique du passé, la monarchie sera forcément un système neuf, moderne, mais fondé sur les principes qui ont fait la force de la monarchie capétienne.


Instauration et non restauration

    Il faut bien comprendre que le concept de monarchie se trouve, sur le plan de la psychologie collective, à des années-lumières, non seulement de la classe dirigeante, mais aussi de la masse des français. Sur ce plan, la situation est autrement différente de celle qui aurait existée si en 1875 la monarchie avait été rétablie en la personne du comte de Chambord. Il y avait seulement cinq ans à l’époque qu’une dynastie ( celle de Napoléon III ) avait cessée de régner. On aurait pu alors parler de « restauration ». Aujourd’hui, la tâche est toute différente : 134 ans se sont écoulés depuis la chute de Napoléon III, et 152 ans depuis celle du roi Louis-Philippe. Sans parler de la propagande républicaine qui s’est déchaînée depuis un siècle, notamment grâce à l’école publique. Notre travail est autrement difficile ! C’est pour bien marquer cette différence que nous préférons parler « d’instauration » plutôt que de « restauration ». D’autant plus que, d’une manière ou d’une autre, le rétablissement de la monarchie ne pourra faire autrement que de bénéficier d’un consensus populaire. Il n’est pas concevable, quelque soit le procédé utilisé pour parvenir au rétablissement de la royauté, que sous une forme ou sous une autre, à un moment ou à un autre, un tel consensus ne se manifeste pas.

Une monarchie « à la française »

   Il va de soi qu’il serait impossible de nos jours d’avoir un régime politique qui, comme dans l’ancienne France, ne reposerait pas sur une constitution écrite. On peut donc dire qu’en ce sens, la monarchie nouvelle sera « constitutionnelle ». Mais par ce terme nous n’entendons nullement la monarchie « à l’anglaise » dans lequel le souverain n’a aucun pouvoir. Avec Charles Maurras, nous rejetons catégoriquement un tel système. Maurras écrit dans « Mes idées politiques » : « Nous ne songeons pas à restaurer en France une monarchie parlementaire. Elle est peut-être à sa place en Belgique où elle peut remplir une fonction nationale supérieure et même en Angleterre dont elle tient l’Empire. Pour nous, les immenses bienfaits de la Restauration ne nous ont jamais aveuglés sur la part excessive que le régime parlementaire y donnait aux excès du système électif ».

Car la monarchie « à l’anglaise » n’a pour ainsi dire aucun avantage pour le pays, par rapport aux IIIème et IVème Républiques, et encore moins par rapport à la Vème. Son seul côté positif est l’incarnation de la nation en une personne en chair et en os, ce qui favorise l’unité nationale en cas de crise. Il est certain que, sans la royauté, la Belgique n’aurait pu résister à la tension entre la communauté flamande et la communauté wallonne. Mais, à part cela, le fait que la Belgique soit un royaume n’a nullement empêché ce pays de se noyer dans l’Europe, de perdre le Congo belge, d’autoriser l’avortement ou d’adopter le mariage homosexuel.

La monarchie antiparlementaire

    Alors, qu’elle est la monarchie que nous voulons ? C’est celle que Charles Maurras, avec son immense talent de condenser en une formule une pensée lourde de sens, a appelée dans « l’Enquête sur la monarchie » : la « monarchie traditionnelle, héréditaire, antiparlementaire et décentralisée ». Nous allons parler de ces deux derniers termes. « Antiparlementaire » ne signifie pas qu’il n’y aurait plus d’assemblées délibératives ni d’élections. Bien au contraire, la monarchie moderne connaîtra des élections et des assemblées à tous les niveaux : local, régional et national. Maurras le dit en toutes lettres dans « Nos raisons pour la monarchie » : « Il existe un premier degré de la fonction civique : c’est celui qui consiste…à soutenir de son assentiment le gouvernement qui protège les vies et les biens, à s’exprimer sur les impôts et sur les revenus, à déléguer une représentation au Pouvoir pour lui faire savoir ce qui est désiré, blâmé, déploré. C’est le domaine du suffrage universel, qu’il faut bien se garder de supprimer ou de restreindre ».

En vérité , « antiparlementaire » désigne un régime qui établit une distinction entre la tâche de gouverner (dont sont chargés le roi et ses ministres) et celle de représenter les populations (dont sont chargés les députés). Confondre les deux fonctions comme dans une démocratie parlementaire crée tout simplement un régime oligarchique, avec tous les défauts inhérents à ce système. C’est ce que dit Charles Maurras dans « Mes idées politiques » : « Il faut revenir à un régime qui rétablisse la distinction entre le Gouvernement, chargé de
gouverner, et la Représentation, chargée de représenter ». Nous aurons donc d’un côté l’Exécutif, c’est-à-dire le roi et ses ministres – ces derniers n’étant pas des députés mais des hauts fonctionnaires – et de l’autre l’ assemblée destinée à faire connaître au gouvernement ce qui est désiré ou rejeté par la population. En principe, l’assemblée n’aurait pas de pouvoir législatif, sauf sur des questions exceptionnelles et notamment en matière fiscale. Il en était déjà ainsi dans l’ancien régime, puisqu’ aucun impôt ne pouvait être levé sans l’ approbation des Etats-Généraux. A côté de l’assemblée nationale, il existerait une seconde assemblée qui représenterait, non seulement les collectivités territoriales comme notre actuel Sénat, mais également les représentants des associations familiales, les ordres professionnels, les chambres des métiers, du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, en un mot, les forces vives du pays réel.

Une véritable révolution

  Un des immenses avantages de ce système est qu’il diminue dans des proportions importantes, un des vices majeurs de la démocratie, l’avidité pour le pouvoir et l’ambition personnelle des hommes politiques. Il ne sera plus utile qu’ un de ceux –ci passe des années et des années à s’échiner comme un écureuil dans sa cage en montant un à un les échelons du pouvoir, l’oeil fixé sur le niveau suprême (le chef de l’Etat ), ou du moins sur les échelons intermédiaires (les ministres ), puisque la route de ces fonctions leur en sera définitivement barrée. Certes, il pourra être député ou sénateur, mais ce sera une fonction de service, non une fonction de pouvoir. Cette transformation radicale sera une véritable révolution ! Il est important de signaler qu’un système assez proche, mais dans un cadre démocratique, existe depuis longtemps dans un pays étranger. C’est le régime en vigueur aux Etats-Unis d’Amérique qui connaissent la stricte séparation de l’Exécutif et du Législatif, et aussi une profonde décentralisation, dont nous allons parler maintenant.

Une monarchie décentralisée

  Naturellement, on vous dira que la république aussi a décentralisé. Mais vous savez comme moi que la décentralisation républicaine n’est pas une véritable décentralisation. En effet, la République française étant élective aux niveaux les plus élevés de l’Exécutif, le parti au pouvoir fait tout ce qu’il peut pour ligoter les collectivités aux rangs inférieurs. Il accorde donc ses faveurs aux électeurs et aux collectivités qui le soutiennent. Par exemple, ma commune de résidence a un maire de centre droit, mais le conseil général de notre département est socialiste. Comme par hasard, les subventions accordées par le conseil général à notre commune sont d’environ un tiers du montant des subventions accordées à une commune socialiste. Au contraire, la couleur politique des communes et des régions sera indifférente au roi, celui-ci n’étant pas élu.

    Mais surtout, la notion maurrassienne de décentralisation s’étend au-delà des compétences des collectivités territoriales. L’idée de Maurras est de libérer de l’emprise de l’Etat, et donc des partis, toutes les communautés françaises, qu’elles soient naturelles ou créées par les hommes. Il peut s’agir d’ associations ou d’organismes privés, d’ ordres professionnels, de syndicats, d’organes représentants les métiers, les industries, l’agriculture et de groupes divers, bref, ce qu’on appelle aujourd’hui la société civile. Aujourd’hui, l’influence de la politique politicienne s’exerce partout. Savez-vous que plusieurs mutuelles dépendent de certains partis ? Savez-vous qu’il en est de même pour certains organismes d’H.L.M. ? Savez- vous qu’une situation similaire se rencontre dans certaines Caisses d’épargne ? Savez-vous que la nomination du président de la Croix-Rouge Française ( association privée) dépend du bon vouloir du Président de la République ? Là encore, tel parti s’attache telle ou telle organisation en la favorisant de diverses façons ou encore en lui octroyant des subventions. Au contraire, le roi, indépendant des partis et des lobbies, laissera ces organisations s’administrer comme elles l’entendent. En clair, la monarchie rendra leurs libertés à toutes ces collectivités. Comme on disait autrefois : Le roi sera le protecteur des républiques françaises !

Le roi, protecteur des républiques françaises

     Vous le voyez, la monarchie que nous souhaitons est bien loin de ressembler à l’image mensongère colportée par nos ennemis et les manuels d’histoire de l’école publique ! On vous dit : « Choisir la monarchie, c’est rétablir la noblesse et ses privilèges ». C’est faux, il n’a jamais été question de cela. On vous dit : « Choisir la monarchie, c’est supprimer les élections ». C’est faux, il y aura des élections à tous les niveaux : local, régional et national. On vous dit : « Choisir la monarchie, c’est supprimer les libertés ». C’est faux, c’est au contraire rendre leurs libertés aux français et à leurs collectivités. C’est pourquoi il faut être profondément optimiste. Car la République mène le pays à la ruine ! Tôt ou tard, comme cela s’est déjà produit plusieurs fois dans notre histoire, une crise majeure se produira et la monarchie apparaîtra comme le seul recours. Alors, avec l’aide de Dieu, nos efforts seront couronnés de succès et la monarchie que nous appelons de nos vœux sera rétablie pour le plus grand bien de la France et des français.

Georges Rousseau
Par Pvlatortue
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Mardi 24 janvier 2006

    Dans la tradition de la formidable école de pensée que fut l'Action Française, les cafés politiques d'Aix et Marseille proposent une formation politique de grande qualité aux jeunes et moins jeunes.

  Vous pouvez télécharger ici deux des dernières interventions de M. Antoine De Crémiers au café politique d'Aix-en-Provence:

 

- Démocratie et totalitarisme:

Télécharger (clic droit, enregistrer la cible sous)

- La philosophie libérale:

Télécharger (idem )

Par Pvlatortue
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Mardi 7 février 2006

Voilà un très bon article tiré de l'excellent blog de notre ami Catoneo:

http://royalartillerie.blogspot.com

 

     Hans-Hermann HOPPE est un allemand, professeur d'économie, docteur de l'Université de Francfort sur le Main. Pour l'instant, il enseigne aux États-Unis, à Las Vegas, à l'Université du Névada ; et a écrit un livre (1) qui fit grand bruit outre-atlantique. Le présent digest vient d'un vieux "Politique Magazine" que nous avons rechargé et accéléré.

       Du point de vue de la science économique, une monarchie est un régime où le pouvoir politique est privatisé dans les mains d'une dynastie. Une démocratie est un régime où le pouvoir politique est collectivisé, et remis aux mains du peuple. Les conséquences sont les mêmes que pour une entreprise privée. Dès qu'elle est nationalisée, l'entreprise rentable se met à avoir des déficits. Le roi, parce qu'il est propriétaire, a le souci, non seulement des revenus du pouvoir mais aussi du capital. Il va donc faire des choix rationnels de bon père de famille, en ayant en vue l'intérêt à long terme de la dynastie, et du pays. Le chef démocratique élu, en revanche, n'est pas propriétaire. Il n'est que gérant ici pour cinq ans, soumis à réélection. Son intérêt est de maximiser les revenus du pouvoir à court terme, pour plaire aux catégories qui vont le réélire. Il n'a aucun souci du capital à maintenir ou à accroître. Pire encore, si ce chef démocratique a des scrupules et ne joue pas le jeu politique par souci du pays en longue période, il sera sans doute battu par un démagogue sans scrupules à la prochaine élection. Le système est pervers.

      En effet, que le pouvoir soit ouvert à tous, n'est pas nécessairement un avantage. La compétition n'est pas toujours un bien. La compétition pour produire des biens est une bonne chose. Or, la compétition électorale démocratique, qui consiste à exploiter l'envie des plus nombreux contre les plus riches, est moralement dégradante. Pour Hoppe, la démocratie élève la préférence pour l'immédiat. Or, une forte préférence pour l'immédiat caractérise les êtres peu civilisés. La civilisation suppose une discipline pour préférer un bien durable à long terme à une jouissance fugitive à court terme. Or, seule la monarchie privilégie le long terme.

     La monarchie est restée le régime dominant en Europe jusqu'à la guerre de 1914. Depuis que la démocratie s'est installée en Occident, les signes de décadence liés à la préférence pour l'immédiat, se sont accrus. La sécurité sociale au sens large a déresponsabilisé les individus. La famille a perdu sa valeur économique et la natalité s'est effondrée pour des raisons liées d’abord à la mise en productivité des mères. Les moeurs se sont dégradées pour capter des voix dans toutes les chapelles, même les moins recommandables, et une sous-culture de masse vulgaire a envahi les esprits.
     La démocratie favorise l'égalitarisme par la modélisation simplifiée des comportements et des opinions qui sont ainsi plus facilement « accédés » par le pouvoir manipulateur. Même l'immigration de mauvaise qualité est favorisée au motif de la standardisation du consommateur électeur, alors que les monarques, comme Frédéric II de Prusse ou Marie-Thérèse d'Autriche favorisaient une immigration de qualité. Ainsi vaut-il mieux aujourd’hui naturaliser un immigré qui vit de l'aide sociale et qui vote pour les distributeurs de cette aide, plutôt qu'un immigré génial vite pressuré par le fisc qui votera mal parce d’esprit supérieur et libre.

       Quel avenir ? Pour Hoppe, la démocratie occidentale va s'effondrer un jour comme l'URSS l'a fait en 1989. Car elle mange le capital accumulé dans le passé. La dette publique s'accroît sans cesse et les régimes sociaux sont menacés de faillite. La démographie, minée par la politique anti-familiale des classes politiques qui diminuent la population active contributaire, empêchera de financer les régimes sociaux. Cela détruira la réputation de la démocratie et fera voir son vrai visage.

     Comment la remplacer ? Hoppe, en bon libertarien, rêve d'un monde sans État, composé de propriétaires associés. Mais à cette utopie il préfère la monarchie. Il préfère aussi les petits États, comme le Liechtenstein, Monaco ou le Luxembourg, qui font moins de mal que les grands !
Il lui semble que tout tourne autour d’un principe qui se manifeste à travers la propriété privée. La préférence pour l’immédiat est mauvaise : elle caractérise l’attitude des adolescents pour qui un besoin, ou prétendu tel, doit être, sans attendre le résultat d’un effort, satisfait au plus vite : impulsivité, imprévoyance et désintérêt pour ce qui n’est pas eux.
     En revanche, la propriété privée, qui suppose épargne et investissement, est bonne, car elle implique une vision à long terme. Et Hoppe, de définir la monarchie comme un gouvernement basé sur la propriété privée où le roi, développant cette vision à long terme de ses intérêts, s’efforce de ne pas taxer ses sujets inutilement et de ne pas agir avec excès pour maintenir sa légitimité. Le roi, en tant que propriétaire privé, ne peut détruire sans danger pour lui-même la propriété des autres ; il y a solidarité.
     En contraste avec la modération interne et externe de la monarchie, le gouvernement nationalisé de la propriété "publique", ou démocratie, est porté aux excès. Le président d'une démocratie se sert de l'appareil d’état à son avantage, mais il n'en est pas le propriétaire, il n’en est que le gérant provisoire. Il possède l'usage des recettes de l'État, mais non pas son capital. Il va donc maximiser le revenu courant en ignorant la détérioration du capital. Il utilisera les ressources le plus vite possible pour consommer tout de suite.
De plus, en république, les gouvernés se croient gouvernants et sont donc moins vigilants. La démocratisation n'est donc pas un progrès pas plus que la nationalisation l'est pour une entreprise. L'État taxe, s'endette et exproprie. L'endettement, notamment, est préféré car il frappera plutôt le gouvernement futur, peut-être même celui des adversaires du gouvernement présent : il n'y a pas de solidarité entre les gouvernants successifs.
     En résumé, la monarchie est un gouvernement privatisé, où l'intérêt du roi propriétaire est basé sur le long terme, dans le respect du capital national.

      Les rois de jadis ne purent gouverner que parce que l'opinion publique trouvait cela légitime ; de même, le gouvernement démocratique dépend de l'opinion publique. Il faut donc que cette opinion change, si l'on veut arrêter ce processus de déclin de la civilisation. L'idée du gouvernement démocratique sera un jour considérée comme immorale et politiquement impensable quand il sera patent que la démocratie républicaine a conduit à l'accroissement permanent des impôts, de l'endettement public et du nombre des fonctionnaires, en dévorant le capital. Cette délégitimation est nécessaire pour empêcher la catastrophe sociale qui s'annonce. La dette qui court détruira l'assurance-maladie avant dix ans ; et les pensions de retraite ne seront plus servies aux taux actuels à la même époque.

    Depuis 1918, le processus de collectivisation s'est généralisé, tous les indicateurs d'exploitation du peuple par l'État sont en hausse :
- Pression fiscale : de 8 % en moyenne durant huit siècles jusqu’en 1900, elle atteint plus de 50 % aujourd’hui.
- Endettement : Il a tué la monarchie française, elle s'en souvient. La République pas, ou trop tard.
- Famille : la cellule de base naturelle est attaquée de toute part en république parce qu'elle peut constituer in mini contre-pouvoir. Il faut laminer les idées et donc individualiser les comportements.
- Droit : en monarchie, le gouvernement ne crée pas la loi.
Le droit privé général s'applique à tous. Le roi, comme un juge, applique la loi préexistante. Ayant lui-même des droits subjectifs, il respecte ceux des autres, même antérieurs à son autorité. Si un roi violait une propriété privée, il remettrait en cause le titre qui le fait roi. Dès lors, on ne change pas les droits des sujets sans leur consentement. Le droit privé s'impose au roi. S'il transgresse, il y a crise grave.
Au contraire, un gouvernement public fait émerger un droit public orienté vers la redistribution. Son gérant se moque que la redistribution réduise la productivité dans le futur, confronté qu’il est au présent électoral et à la concurrence. Le droit privé est perverti de façon totalitaire par une réglementation galopante. La démocratie collectivise ou mutualise la responsabilité individuelle.
- Démographie : Le déclin massif des taux de la natalité en Occident correspond à la période démocratique d’après 1918, avec une chute plus grande dans les années soixante, les plus " démocratiques " et égalitaires dans la mentalité.
L'héritage biologique et juridique préservé, le choix sélectif du conjoint et le mariage renforcent l'autorité naturelle de certaines familles dont les membres, de conduite exemplaire, sont bien placés pour jouer le rôle d'arbitre et de juge. De là, naît la monarchie de façon endogène. Si le monopole du pouvoir doit être surveillé, la production naturelle d'une aristocratie est à favoriser, pour obtenir littéralement le gouvernement des meilleurs.

  Selon Hoppe, aucune société libre ne peut éviter de dégénérer en société de masse vulgaire si elle se prive d’une aristocratie naturelle dirigée par des ascètes de la civilisation. La survie du monde libre dépendra de notre capacité à produire un nombre suffisant d'aristocrates dévoués au sens de l'Etat.

    En monarchie, c'est le prince qui décide si vous pouvez participer au pouvoir.
   En démocratie, tout le monde peut, en théorie, participer : on élit n’importe qui. Il n'y a pas de privilèges attachés à la personne, mais des privilèges attachés aux fonctions publiques. Les privilèges, la discrimination et le corporatisme ne disparaissent pas et peuvent être exercés par n'importe qui. Le suffrage universel combiné à la loi de majorité, organise une compétition entre gérants qui vont faire des promesses de type égalitariste à divers groupes sociaux pour se faire élire. Il faudra payer d'autant. La qualité des hommes baisse, comme la vie qui perd en agrément. La sélection de l'homme politique par voie électorale exclut presque qu'un homme honnête ou neutre parvienne au sommet. Seul le démagogue sans inhibitions morales arrive à se faire élire président. Et la corruption le dispute vite à l'arrogance d’un pouvoir éphémère !
C'est une escroquerie.

     En revanche, si la sélection d'un prince n'est pas parfaite, il est quand même éduqué dans la préservation de la dynastie. S’il est très mauvais, la famille interviendra et l'entourage immédiat prendra soin de l'État. C'est pourquoi un roi n'est jamais un Hitler ou un Staline mais, ou bien un homme de qualité, ou bien au pire un charmant dilettante comme Louis II de Bavière.


Note : (1) Democracy, the god that failed
Hans-Hermann HOPPE.
Transaction publishers
New Brunswick. New Jersey. USA 2002

Par Pvlatortue
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Dimanche 9 avril 2006

"   Les partisans de la royauté traditionnelle ont un lourd défi à relever.
    En effet, pour beaucoup de nos contemporains, du fait que la Monarchie traditionnelle a cessé d'être présente dans les institutions françaises en 1830, la Royauté a pris une image de "vieillerie" et ses partisans sont considérés comme des nostalgiques, des passéistes... On a l'impression (et il faut bien reconnaître que certains royalistes par leur manière d'être facilitent cet amalgame) que les partisans de la Royauté veulent se promener en perruques poudrées et voyager en chaises à porteurs!!! Pour beaucoup de personnes aujourd'hui, les convictions monarchistes sont de doux rêves sans lien avec la réalité actuelle du monde et de la société, et les royalistes sont des gens déconnectés de cette réalité qui veulent faire revenir le monde 200 ans en arrière, en oubliant les progrès techniques et sociaux: comme si un retour à la Royauté allait supprimer internet et le TGV, la fusée Ariane et le cinéma, les réfrigérateurs et les congés payés, la couverture sociale et les téléphones portables, les automobiles et l'électricité, et autres choses diverses et variées...
   

    Il faut donc profiter, en premier lieu, de toutes les occasions qui nous sont offertes dans les conversations pour faire remarquer aux Français qu'une dizaine de pays, en Europe aujourd'hui, vivent sous un régime de Royauté, et que ces pays-là ne sont pas technologiquement en retard mais que généralement au contraire le niveau de vie par habitant y est plus élevé que dans la France républicaine de 2006.
     

       Deuxièmement, il y a une remarque de BON SENS qu'il faut savoir faire à nos interlocuteurs: lorsqu'un homme a été en bonne santé, puis a traversé une longue maladie, et que - par bonheur - il retrouve une excellente forme, on ne va pas dire que son retour à la santé est une régression! Et cependant, cet homme est bien revenu à un état dont on peut dire en quelque sorte qu'il est "antérieur" à celui de la maladie!
Quand un malade recouvre la santé il ne revient pas en arrière, il marque un véritable progrès, il peut au contraire aller à nouveau de l'avant avec toutes ses forces.

         La Monarchie Française, de par ses Rois et de par la sagesse des institutions royales, a permis le développement et la prospérité de la France: la France a été glorieuse jusqu'à l'ignoble révolution de 1789, elle était même à la tête de toutes les nations au XVIIIème siècle. La révolution a marqué une régression vers la barbarie la plus sauvage et la plus abjecte. Cela se vérifie en ce qui concerne le niveau de vie, l'alphabétisme, l'assistance aux nécessiteux, la protection des travailleurs, le développement des sciences et de le progrès de la pensée... Un seul exemple: il faudra pratiquement un siècle pour que le peuple de France revienne à un niveau d'alphabétisation équivalent à celui qui existait en 1789, parce que le chaos institutionnel issu de la révolution et en particulier la persécution contre l'Eglise a eu pour conséquence la mise à bas de tout le système d'enseignement qui s'était développé antérieurement.
     La Monarchie, c'est près de treize siècles d'histoire de la France: la France n'a pas commencé à exister avec la déclaration des droits de l'homme de 1789, comme le répètent bêtement les perroquets formés par la Franc-Maçonnerie!

       Etudiez l'histoire! Sérieusement, pas avec des manuels qui colportent des versions officielles, du prêt à penser idéologique sans objectivité réelle...
Depuis la révolution dite française, la France toute seule n'a JAMAIS remporté aucune guerre: les guerres de la révolution et de l'empire se sont soldées - après quelques brèves victoires - par un échec retentissant, la guerre de 1870 a été un fiasco lamentable, les guerres de 1914 et de 1940 n'ont pas été gagnées par la France: elles n'ont pu être remportées que parce que des intervenants étrangers sont venus en aide à la France; je ne parlerai pas des humiliations éprouvées lors des guerres de la décolonisation... Ce seul exemple devrait ouvrir les yeux de tous: sachons en faire état.

    Effaçons des esprits les associations : Monarchie/passé d'un côté, et république/progrès d'autre part.
 

     Les Rois ont fait la France, et ils l'ont faite grande et glorieuse. La république a entraîné le déclin de la France au contraire et nous en subissons les conséquences aujourd'hui. La France est malade de la république, travaillons à lui rendre la santé, travaillons à la faire revivre en revenant à la santé qui a été pour elle l'Institution Monarchique traditionnelle."

Source: Forum Louis XVII


 

Par Pvlatortue
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Jeudi 13 avril 2006

Communiqué du comité directeur de la Restauration Nationale :

     La France est entrée dans une crise institutionnelle grave. Une loi votée selon une procédure admise par la Constitution, validée en outre par le Conseil constitutionnel, promulguée par le président de la République, est réputée nulle et non avenue par ceux-là mêmes qui l’ont fait voter et qui l’ont votée.

      

      Le Premier ministre qui avait engagé la responsabilité de son gouvernement, se trouve désavoué et repentant ; autant dire qu’il ne gouverne plus.  Le président de la République ne remplit plus sa fonction constitutionnelle et obéit aux injonctions de la rue. Le Parlement qui est censé voter la loi, défait lui-même sa propre loi : les députés ne sont plus que des pions sans pouvoir. Le Conseil constitutionnel voit son autorité bafouée. Tous les mécanismes institutionnels se trouvent ainsi faussés.

      Il est évident qu’il apparaîtra de plus en plus difficile de gouverner la France. Ce sont les principes mêmes de la représentation et du gouvernement qui sont atteints. Cette crise institutionnelle débouche en réalité sur une crise de régime que les élections présidentielles ne feront qu’aggraver. Le temps viendra où se posera inéluctablement la question des institutions : la France a besoin d’un pouvoir indépendant qui puisse gouverner dans la durée, et d’institutions vraiment représentatives de tous les intérêts particuliers qui organisent par la loi les libertés des citoyens, dont la liberté du travail.

        De pareilles institutions souples et fortes auraient évité cette crise sur un simple contrat fait  pour des jeunes et auraient permis d’aborder la question du chômage avec efficacité et sérénité.

Par Pvlatortue
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Vendredi 2 juin 2006

 

“Ce que nous voulons ? Écoutez :

   Nous voulons que nos fils, au lieu d’être élevés dans le mépris de notre langue, (ce qui fait que, plus tard, ils mépriseront la terre, la vieille terre maternelle de laquelle Dieu les a fait naître), nous voulons que nos fils continuent à parler la langue de la terre, la langue dans laquelle ils sont fiers, par laquelle ils sont forts, par laquelle ils sont libres.

   Nous voulons que nos filles, au lieu d’être élevées dans le dédain de nos coutumes de Provence au lieu d’envier les fanfreluches de Paris ou de Madrid, continuent à parler la langue de leur berceau, la douce langue de leurs mères, et qu’elles demeurent, simples, dans les fermes où elles naquirent, et qu’elles portent à jamais le ruban d’Arles comme un diadème de reine.

   Nous voulons que notre peuple, au lieu de croupir dans l’ignorance de sa propre histoire, de sa grandeur passée, de sa personnalité apprenne que ses pères se sont toujours considérés comme une race, apprenne qu’ils ont su, nos vieux Provençaux, vivre toujours en hommes libres et toujours su se défendre comme tels : à Marseille, autrefois, contre la Rome de César: dans les Alyscamps d’Arles, à la Garde-Freinet, contre les Sarrasins : à Toulouse, à Béziers, à Beaucaire, en Avignon, contre les faux croisés de Simon de Montfort : à Marseille, à Fréjus, à Toulon, et partout, contre les lansquenets de l’empereur Charles-Quint.

   Il faut qu’il sache, notre peuple, que nos ancêtres se sont annexés librement mais dignement à la généreuse France : dignement, c’est à dire en réservant tous les droits de leur langue, de leurs coutumes, de leurs usages et de leur nom national. Il faut qu’il sache, notre peuple, que la langue qu’il parle, a été, lorsqu’il l’a voulu, la langue poétique et littéraire de l’Europe, la langue de l’amour, du Gai-Savoir, des libertés municipales, de la civilisation…

   Peuple vaillant, voici ce que nous voulons t’apprendre : c’est à ne rougir devant personne, comme un vaincu, à ne pas rougir de ton histoire, à ne pas rougir de ta patrie, à ne pas rougir de ta nature, à reprendre ton rang, ton premier rang entre les peuples du Midi… Et quand chaque Provence, et chaque Catalogne auront de cette façon reconquis leur honneur, vous verrez que nos villes redeviendront des cités : et là où il n’y a plus qu’une poussière provinciale, vous verrez naître les arts, vous verrez croître les lettres, vous verrez grandir les hommes, vous verrez fleurir une Nation !

Je bois : A la Catalogne notre sœur! à l’Espagne notre amie! à la France notre mère!” 

                                   Frédéric Mistral,Discours de Saint-Rémy aux poètes catalans

Par Pvlatortue
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Jeudi 15 juin 2006

 

 

" Cette lignée de médiocres fut tout près de faire écarter, dès le Moyen Age, un système qui confiait à la nature de produire, au sein d'une même famille, le détenteur du pouvoir souverain. Mais les peuples sont-ils plus souvent gagnants à la loterie des urnes qu'à celle des chromosomes? Les foules, les assemblées, même les collèges restreints ne se trompent pas moins que la nature; et la Providence, de toute manière, est avare de grandeur ".

 

Maurice Druon, Les rois maudits (Livre 7).

Par Pvlatortue
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Mardi 4 juillet 2006

    

     Depuis quelques temps déjà, il est de bon ton dans la presse parisienne et sur les tribunes politiques de dénoncer la monarchie qui régnerait sur la France, et d’en appeler à la République, la « vraie » bien sûr, qu’il s’agirait de restaurer… Plus de deux siècles après l’établissement, un peu brutal, de la Première, qui allait être suivie de quatre autres, nous serions quand même encore en Monarchie, qui plus est en pleine déliquescence…

      Je tiens à rappeler quelques points pour éviter ce genre d’abus de langage qui semble désormais n’avoir pour seul objectif que d’empêcher de poser les bonnes questions quant à la nature de l’Etat dans notre pays. Rétablir le juste langage politique, c’est faire œuvre utile pour le débat nécessaire sur les institutions.

       Nous sommes bien en République aujourd’hui : même si les intentions du fondateur de la Ve République étaient empreintes d’un esprit monarchique indéniable et qu’il a sans doute pensé, un moment, faire appel au Comte de Paris pour lui succéder et, pourquoi pas, permettre l’instauration d’une Monarchie qui aurait pérennisé les institutions dans ses grandes lignes (c’est une question dont je reparlerai car elle n’est pas négligeable), la forme de l’Etat est républicaine au sens commun du terme, c’est-à-dire, comme la définissait Anatole France, qu’elle se marque par « l’absence de roi ». Dans la France de 2006, le Chef de l’Etat est élu au suffrage universel direct pour une durée, depuis le référendum de 2000, de 5 ans. L’une des grandes différences d’avec la Monarchie royale, c’est justement le mode de désignation de la magistrature suprême de l’Etat, qui est même « la » différence par excellence, car elle touche à l’essence même de l’Etat. Lorsque de Gaulle a décidé, malgré l’opposition des juristes et des « républicains » (on trouve toujours plus républicain que soi : en d’autres temps, Danton, Brissot ou Robespierre en ont fait l’amère expérience, y laissant leur tête au passage…), de proposer l’élection du Chef de l’Etat au suffrage universel (en 1962), il pensait ainsi arracher celui-ci aux jeux partisans : il y voyait « la rencontre d’un homme et du peuple », au-delà de la démocratie représentative incarnée par les parlementaires. Mais, dès la première élection de décembre 1965, cet espoir (cette illusion ?) fut déçu par la mise en ballotage du général, qui en conçut d’ailleurs une forte amertume. Mais ce sont les élections suivantes, après le départ du fondateur de la Ve, qui prouvèrent combien il est vain de vouloir échapper aux jeux partisans dans une démocratie libérale (par opposition à la démocratie totalitaire que j’évoquais dans une précédente note). Au contraire d’une Monarchie héréditaire « à la française », la magistrature suprême de l’Etat se retrouve ainsi la proie des factions et des querelles, parfois plus « personnelles » que vraiment politiques : c’est d’ailleurs le grand drame de la République actuelle, qui voit ainsi la tête de l’Etat soumise à une véritable « migraine » politique, quand deux membres du même gouvernement ne pensent qu’à se livrer une guerre sans merci, sans aucun égard pour les devoirs d’Etat qui sont pourtant les leurs. C’est bien la moins monarchique des règles qui préside à ce combat fratricide… 


 

 

   Cela étant, il faut reconnaître que, au-delà de cette différence fondamentale avec le mode de succession héréditaire de la Monarchie française, la Ve République peut avoir des aspects empruntés à l’histoire et à la pratique capétiennes, ne serait-ce que parce que de Gaulle avait de la légitimité une idée qui n’était pas particulièrement, ou pas seulement, républicaine, et qu’il lui semblait, avec raison, que la France passait avant toute considération politicienne ou électorale : en somme, conscient de la longue Histoire de France et de tout ce qu’elle devait aux Capétiens, il s’est comporté en « régent » soucieux de « ne pas insulter l’avenir » et sa Ve République, surtout sous son règne et malgré sa forme républicaine, apparaît parfois comme « un hommage du vice à la vertu »… Mais ce n’est pas, malgré cela, la Monarchie capétienne, et le képi du général, tout compte fait, n’a pas été remplacé par la couronne fleur-de-lysée.

      Ainsi, cette République, aujourd’hui déliquescente et qui donne une si mauvaise image à notre pays, souffre de ses propres principes et de ses pratiques qui oublient les grands adages de la Monarchie, comme, entre autres, « Savoir raison garder » ou « Servir, et non se servir » (formule popularisée au XXe siècle par … de Gaulle…). M. Chirac n’est que la caricature d’un monarque, sa singerie grimaçante : il n’est même pas Louis XVI qui porta sa charge jusqu’au sacrifice suprême parce que c’était son devoir et qu’il ne s’y est pas dérobé, malgré ses maladresses et ses erreurs.

       Mais il y a peut-être une similitude avec 1788 : désormais, l’Ancien régime, c’est cette République qui divise les bonnes volontés et décourage les initiatives, cette République bloquée que Bruno Frappat évoquait, il y a déjà dix ans, comme une « démocratie bloquante », faute d’avoir la force et le courage de se réformer. La VIe République (mais pourquoi ne pas passer directement à la VIIe ou à la VIIIe, cela gagnera du temps…) ne résoudra pas la grande question de l’Etat, elle ne sera qu’un pansement sur un jambe de bois.

       Il faudra bien, un jour ou l’autre, sortir des préjugés et poser, honnêtement et politiquement, la proposition monarchique comme une alternative possible à la crise récurrente de notre régime politique : il n’est pas dit qu’elle soit immédiatement comprise ni même qu’elle soit en mesure de saisir sa chance au moment opportun, mais il lui faudra courir le risque de l’Histoire et de l’Action si elle ne veut pas devenir un simple fantôme de notre passé.


Vu sur le blog de Jean-Philippe Chauvin

Par JRP
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Vendredi 14 juillet 2006

"C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne." 

                             (Cité par B. Stora, Le transfert d'une mémoire, Ed. La découverte, 1999)

"Privée d'un maître, la masse subit les effets de sa turbulence."

                                                                              (Charles de Gaulle, Le fil de l'épée)

 

" Maurras a eu tellement raison qu'il en est devenu fou."

(Cité par J.Dumaine, Quay d'Orsay, Ed.Julliard)

" Ce qu'il faudrait à ce pays, c'est un roi."

          (Déclaration à Rober Prigent, ministre de la population, cité par Georgette Elgey, La République des illusions, Ed. Fayard)

 

 

Par JRP
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Jeudi 20 juillet 2006

   

  

       La revue "L'ESCRITOIRE", dans son numéro 60 ( été 2006), ouvre un nouveau dossier sur la stratégie des royalistes, introduit par un avant-propos de Michel MASSON qui regrette l'ésotérisme de certains débats royalistes. Présenté par Philippe LALLEMENT, Miche MICHEL présente " L'impératif stratégique", premier volet d'une série de trois études, en rappelant quelques textes importants de Charles MAURRAS.

Le sommaire de cette livraison est copieux:

- "Le libéralisme en questions" par Antoine de CREMIERS.

- La critique de la "Méthode globale" à l'école par Danielle MASSON.

- La suite des "aspects religieux du conflit israélo-palestinien" par Annie LAURENT.

- Etudiant les "sources historiques du politiquement correct", Pierre GOURINARD présente les cas de la question coloniale indochinoise et de l'Algérie de 1958.

- Jacques LERMIGEAUX donne le "Bilan territorial de la Révolution Française".

Avec d'autres articles de philosophie et d'histoire ainsi que des chroniques littéraires, cette revue empêchera vos neurones de se rouiller pendant les vacances.

Le numéro: 6 euros. Abonnement d'essai (4 numéros): 28 euros.

Revue "L'Escritoire": 48 rue Henri Cros - 13300 SALON-DE-PROVENCE

Tel: 04-90-53-27-87  - Courriel: escritoire@wanadoo.fr

Par JRP
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