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Aix-en-Provence

4 Septembre 2006, 14:47pm

Publié par JRP

Aix-en-Provence

de Gaston Charbonnier « rêver sa vie vivre son rêve »


Je t’ai revue enfin, belle cité dormante
Qui dans tes bras fervents berce le souvenir,
Des ombres du passé pure et jalouse amante
Dont le cœur ne saurait faillir !

Pris au charme profond des heures disparues
Insensible aux assauts du progrès inconstant,
Ton visage demeure au long des vieilles rues
Immuable à travers le Temps.

En toi rien n’a changé, pas un arbre, une pierre,
Tu restes dans un rêve éternel et très doux,
L’âme mélancolique à l’ombre des paupières,
En murmurant « souvenez-vous ».

Tu rêves dans ta pompe et dans ta solitude,
Toute chose en ta vie aux gestes cadencés,
Où dans le grand silence, un silence d’étude,
S’élèvent les voix du passé…

Moi, je songe au bord frais d’une de tes fontaines
Qui mouille, en bruissant, la mousse d’un rocher,
Et c’est comme l’écho d’une époque lointaine
Qui dans son flux vient s’épancher.

Tes vieux hôtels ont su garder, fiers et sans rides,
Leurs fronts sculptés, leurs arabesques, leurs rinceaux,
Les muscles contractés de leurs cariatides,
Leurs chimères, leurs lionceaux…



Oui, vous voici, dressant vos hautaines façades,
Hôtel de Ribbe, ou d’Espanet, aux purs décors.
Vos beaux pilastres corinthiens, Lestang-Parade,
Surgissent des grands siècles morts !

Vos salons lambrissés, magnifiques et vastes,
Fleurent l’iris, l’étoffe ancienne, le vieux bois,
Et ce parfum discret accueille en votre faste
Les pèlerins de l’Autrefois.

Vous souriez, charmant pavillon de Vendôme,
Fin et rythmé dans vos grâce, dans vos atours,
Dans ce parc vaporeux où glissent les fantômes
De mystérieux amours…

Lieu de calme, lieu de ferveur, lieu de pensée,
Rien ne trouble, Aix, la paix de ton recueillement.
D’une main de douceur tes minutes tissées
Coulent harmonieusement.

J’aime tes murs dorés, les toits aux roses tuiles
D’où pointent vers le ciel tes clochers vigilants,
Et ce rive léger que sèment par la ville
tes chèvres tintinabulant.


Mes souvenirs surtout s’émeuvent et font halte
Quand j’écoute vibrer au plus doux de mon cœur.
Le long des soirs, vos carillons, Saint Jean de Malte,
Et vos angélus, Saint Sauveur !…

De prière ennoblie et de fleur de lys ceinte,
Pensive et recueille en un demi sommeil,
Dans ton âme jamais l’âme ne s’est éteinte
De notre vieille France, et sous le gai soleil
Que verse la Provence à tes fils, ville sainte,
A pas égaux le temps chemine, et l’heure tinte
D’un son très pur, toujours pareil.

*Merci à Zorgzorg

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CLOîTRE 28/08/2009 19:46

merci pour cette belle poésie sur Aix en Provence et à la personne qui rend ainsi hommage à mon arrière grand père Gaston Charbonnier qui ainsi ne tombe pas dans l'oubli