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Quand les royalistes parlaient d'écologisme intégral...

28 Juin 2015, 12:27pm

Publié par AF Provence

Cet article est le second d'une série sur l'écologisme publiée par Jean-Philippe CHAUVIN sur son blog "Nouvelle chouannerie" http://nouvelle-chouannerie.com/​

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Est-il si étonnant que ce soit dans un journal royaliste que la formule « écologisme intégral » ait été, en fait, définie dans les années 1980 ?

Evidemment, il s’agissait aussi de faire écho au « nationalisme intégral » de Charles Maurras qui signifiait que tout nationalisme, s’il voulait fonder et non seulement dénoncer, se devait de conclure à la monarchie, d’être monarchique (plus encore que monarchiste, ce qui en aurait fait une simple opinion et non un régime instauré), ce qui aboutissait à rendre le nationalisme lui-même inutile en tant qu’idéologie. Nous étions dans les années de l’après-Mai 68 et du mitterrandisme institutionnel, et l’écologisme commençait à poindre politiquement, principalement à travers les mouvements de contestation du nucléaire et des camps militaires du Larzac et d’ailleurs, mouvements dans lesquels on pouvait croiser, à Plogoff ou à Chinon, de vieux (et de moins vieux, mais plus rares en fait…) militants royalistes ou traditionalistes, chouans technophobes ou protecteurs des bois, des marais et des paysages. Ceux-ci ne se disaient pas écologistes mais ils l’étaient, naturellement, et ils se méfiaient d’une modernité que Jacques Tati moquait dans ses films souvent incompris : je les croisais parfois au marché des Lices, qui allaient acheter leurs pommes ou leurs gâteaux à la cannelle chez les petits commerçants et producteurs qui arboraient l’autocollant du « Paysan biologiste », association et revue dans laquelle écrivait l’actuel président du Groupe d’Action Royaliste, Frédéric Winkler… Un de ses monarchistes, qui avait fait le coup de poing contre les marxistes dans les années 50-60 sur le parvis des églises, et était devenu ensuite membre d’une communauté monastique locale, vendait son fromage qui ne devait rien à la chimie ou à la pasteurisation !

 

Pourtant, la théorisation de l’écologie par les royalistes n’était pas alors vraiment développée. Bien sûr, dans les cercles d’études de l’Action Française, on reprenait en chœur la fameuse citation « On ne commande à la nature qu’en lui obéissant », mais la protection de l’environnement n’était qu’un combat annexe pour la plupart des militants d’AF, plus occupés à répondre aux arguments d’une Gauche alors conquérante, à brandir les thèmes de l’anticommunisme ou à combattre la loi Savary sur l’enseignement supérieur en 1983, par exemple. Si Paul Serry (pseudonyme de Jean-Clair Davesne, journaliste agricole réputé) puis Guillaume Chatizel dans les années 1990-2000, évoquaient régulièrement cette question écologique dans les colonnes d’Aspects de la France puis de l’Action française, c’est, en fait, dans celles de Je suis français, publication del’Union Royaliste Provençale, que Jean-Charles Masson titra une courte série d’articles « Jalons pour un écologisme intégral » à la fin de l’année 1984, série qui faisait suite à une plus vaste réflexion sur « L’enracinement et la dignité », et qui montrait que l’écologie n’était pas qu’une simple question environnementale ou économique mais un véritable souci politique et, au-delà de la question institutionnelle, de civilisation.

 

 

Dans ces « Jalons », Jean-Charles Masson insiste surle réenracinement nécessaire des Français pour faire face à ce nomadisme d’un genre nouveau qu’imposent la société de consommation et l’individualisme, et que l’on pourrait nommer aujourd’hui mondialisation : « Si l’on veut « dénomadiser » culturellement, il faut sédentariser économiquement. L’esprit révolutionnaire et l’individualisme égoïste se développent sur le déracinement économique. » Comme La Tour du Pin fut souvent présenté comme l’inspirateur de l’encyclique du pape Léon XIII sur la question sociale, on pourrait trouver quelques arguments pour voir dans les propos de Jean-Charles Masson quelques idées prémonitoires aux écrits du pape François, ne serait-ce que parce que l’auteur royaliste se place dans une optique résolument catholique sans, pour autant, en négliger le sens et la portée politiques : pour ce dernier, il s’agit de dénoncer et de combattre matérialisme et prométhéisme, et de ne négliger ni la société ni la part de divin qui fait de l’homme un être différent du reste du monde animal, ni leurs interrogations comme leurs mystères… Cela n’est donc pas un retour à une hypothétique nature « sans l’homme », ou préexistante à celui-ci, en négation de l’histoire et de la civilisation : « Notre écologisme n’est pas compris dans les limites d’une défense de la nature d’inspiration rousseauiste. Qu’on refleurisse demain toutes les cités dortoirs de France et de Navarre, on n’aura pas pour autant supprimé la pitoyable condition morale des familles qui s’y entassent. Il faut être naïf ou niais pour imaginer que le jour annuel de l’arbre (initiative bucolique de l’inimitable Giscard) redonnera aux Français leur âme. » On voit là l’idée fondamentale de ce que d’aucuns nomment aujourd’hui l’écologie humaine, et qui n’oublie pas l’homme dans la nature (ou au profit exclusif de celle-ci) mais en rappelle la dimension spirituelle au-delà de la simple enveloppe matérielle de chair et de désirs.

 

L’écologisme intégral est la réponse que le royaliste Masson apporte à une société oublieuse de ses devoirs et de ses limites, autant naturelles que matérielles, une société que l’on pourrait, en fait, qualifier (comme le faisait le philosophe belge Marcel de Corte) de « dissociété », et dans laquelle l’homme est arraché à son environnement et à sa « nature permanente » : « Notre écologisme est construit autour de la tragédie de l’homme déraciné, et l’inhumanité des villes, le sac de la nature ne sont que les effets visibles de ce déracinement. Car de l'homme animal, on ne peut attendre des marques de respect », ces dernières étant les formes d’un héritage civilisationnel que la société de consommation entend dépasser au nom d’un prométhéisme consommateur et non conservateur ou traditionaliste, de ce prométhéisme qui, en fait, limite (en le définissant mal) l’homme à ses seuls besoins « animaux », souvent créés de toutes pièces par une publicité visible ou insidieuse… Si l’homme n’est plus un héritier inscrit dans une longue suite de générations qui se doivent les unes aux autres, à quoi lui importe de transmettre encore quand il peut consommer et consumer pour son seul intérêt individuel, pour son seul plaisir revendiqué par la formule « On n’a qu’une vie », formule négatrice de la vie des autres, en particulier de ceux à venir ?

 

 

« L’écologisme intégral est la défense de l’homme total tel que le définit la tradition latino-chrétienne », et Aristote aussi : un homme qui « est société », selon la formule d’Henri Massis ; cet homme qui, s’il était livré à lui-même et à la nature brute quelques heures après sa naissance, ne survivrait pas, et qui doit apprendre à connaître le monde et à le respecter comme on respecte sa mère nourricière, à reconnaître les autres et leurs bienfaits (et leurs méfaits aussi, d’ailleurs), et à sauvegarder les conditions naturelles de sa survie sur terre tout en les apprivoisant parfois, sans pour autant vouloir, orgueil malsain, les soumettre toutes… Là encore, je cite cette formule évoquée plus haut qui est l’une des plus importantes de l’écologisme qui se veut intégral pour mieux être et durer, et faire durer les conditions de notre vie sur terre : « On ne commande à la nature qu’en lui obéissant »… Mais cette obéissance n’est pas la soumission aveugle de l’esclave au maître, elle est la fidélité à ce qui est (au sens fort et véritablement spirituel du verbe être) et doit donc durer et s’enraciner, encore et toujours, pour vivre soi-même et faire vivre les autres : qu’y a-t-il de plus royaliste que cette fidélité-là qui n’est pas servitude mais service ? Service des autres, présents et à venir, et qui se souvient de la vieille formule arthurienne, et la reconnaît librement, mais avec humilité : « Terre et Roi ne font qu’un »…

 

 
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Attentat djihadiste en Isère: INCAPABLES !

27 Juin 2015, 18:25pm

Publié par AF Provence

Communiqué de l'Action Française:

Attentat djihadiste en Isère: INCAPABLES !

Avec le nouvel attentat commis sur notre sol par des musulmans fanatiques, connus de nos services de renseignement, l’incurie de nos politiques dans la gestion de notre pays éclate une fois de plus au grand jour. Il ne faut pas compter sur le pouvoir en place pour analyser et tirer des enseignements de cet attentat : François Hollande, dans une de ces formules creuses dont ses conseillers ont le secret, propose de "porter des valeurs" (? !), valeurs qu’il ne précise pas mais qui doivent être celles qui nous ont menés jusqu’à l’horreur d’aujourd’hui.

 

Nous ne nous lasserons pas de répéter que la cause des attentats est à rechercher:

- dans la mise en place d’une politique étrangère déplorable (principalement au Proche et au Moyen Orient),

- dans une immigration incontrôlée et incontrôlable,

- dans une justice complaisante

- ainsi que dans la destruction de tous les repères traditionnels de notre société.

La nation, l’éducation, la famille, l’histoire, la chrétienté, le bien commun, voilà les valeurs qu’il aurait fallu porter !

L’Action française assure aux victimes et à leurs familles sa profonde sollicitude et appelle les Français à ne pas céder à la peur mais à exiger des partis et gouvernants, passés, présents et à venir, qu’ils reconnaissent leurs erreurs et mettent enfin tout en œuvre pour protéger le peuple qu’ils sont censés servir et non pas asservir !

Nous appelons les Français à manifester leur douleur et leur colère légitimes face à l’incompétence, la lâcheté et l’inaction !

Action française

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Université d'été: les rois ont fait la France

16 Juin 2015, 23:10pm

Publié par AF Provence

Université d'été: les rois ont fait la France

Camp Maxime Real del Sarte

Du 17 au 23 août 2015

 

Le Camp Maxime Real del Sarte (CMRDS) et l'université d'été d'Action française se tiendront au château d'Ailly, à Parigny (42120) :

 

à proximité de Roanne  (gare SNCF à 5 kilomètres),  Paris à 400  kilomètres,

Lyon à 80  kilomètres,  Marseille à 400  kilomètres.

 

Du 17 au 23 août : CMRDS. Camp de formation pour étudiants, lycéens et jeunes travailleurs (quinze-trente ans). Tarif : 130 euros la semaine (100 euros pour les adhérents du CRAF).

 

21 et 22 août : université d'été d'AF.

Renseignements et inscriptions

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L'AF et les lycéens

12 Juin 2015, 23:36pm

Publié par AF Provence

Les lycéens royalistes de l'Action Française de Bordeaux viennent de diffuser ce tract qui a reçu un très bon accueil et peut servir d'exemple à d'autres sections. 

L'AF et les lycéens

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Le colloque du Réveil Français

11 Juin 2015, 11:41am

Publié par AF Provence

Le colloque du Réveil Français

 

INVITATION  INVITATION INVITATION  INVITATION  INVITATION

 

Le Réveil Français

 Groupe de réflexion stratégique au profit de toutes les organisations patriotiques

 

 

vous invite à son colloque annuel

 

Samedi 13 juin 2015

Ouverture des portes 9 heures

 

FIAP Jean MONNET, 30 rue Cabanis – 75013 PARIS Saint-Jacques

Venez nombreux rechercher des solutions concrètes pour la France

 

 

AU PROGRAMME

Introduction (Olivier DEJOUY)

Politique étrangère (Elie HATEM)

Défense (Jean-Marie FAUGÈRE, Général d’armée (2s) et le Colonel Jacques HOGARD (cr))

Faut-il sortir de la zone euro ? (Bernard LEDUC)

Immigration/Intégration (Camel BECHIK)

l’Éducation (Anne COFFINIER – Fondation pour l’École et Espérance banlieue)

Environnement – Écologie humaine (Denis BLANC et Patrice VERMEULEN)

Anthropologie et Société (Guillaume de PRÉMARE)

Conclusion (Axel TISSERAND)

 

Pour réserver des chambres sur place, joindre le FIAP Jean MONNET au 01 43 13 17 00

 

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Peut-on encore être orléaniste ?

7 Juin 2015, 23:20pm

Publié par AF Provence

Peut-on encore être orléaniste ?

Publié sur Figarovox.

FIGAROVOX/ENTRETIEN - L'État vient d'achever de classer trésor national les objets de la famille d'Orléans qu'il souhaitait préserver de la vente aux enchères du 29 septembre prochain. Frédéric Rouvillois se penche sur cette dispersion du patrimoine français. 


Frédéric Rouvillois est professeur de droit public et écrivain. Il a publié de nombreux ouvrages sur l'histoire des idées, notamment L'Invention du progrès, aux origines de la pensée totalitaire (CNRS Éditions, 2010), ainsi que des essais sur la politesse, le snobisme et les institutions, et plus récemment Une histoire des best-sellers (Flammarion, 2011). Son dernier livre Crime et utopie, une nouvelle enquête sur le nazisme, a été publié chez Flammarion.


Les enfants du comte de Paris vont se séparer d'une bonne partie de leur patrimoine: carnets de croquis de Louis XIV enfant, fragment du manteau de Saint Louis… les derniers objets de la maison de France seront vendus aux enchères chez Sotheby's le 29 septembre. Cette vente était-elle inéluctable?

Au premier abord, on peut effectivement être un petit peu choqué, interloqué par cette vente. Mais réflexion faite, je pense que cette réaction tient plus d'un réflexe bourgeois. Celui-ci consiste à estimer qu'il ne faut pas vendre le patrimoine, disperser ses souvenirs et abandonner ce qui nous a été légué. Et ceci notamment parce que dans la tradition bourgeoise, c'est ce patrimoine qui permet, au fond, à la famille de survivre et d'exister. Cette famille existe, en effet, par l'accumulation des biens qu'elle possède, des souvenirs qu'elle conserve.

Mais c'est un réflexe hors de propos dès lors qu'il s'agit d'une lignée royale. D'une famille qui a construit la nation et fabriqué l'état français au fil des siècles -ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle la famille de France. Quand le prince Jean, qui sera le chef de cette maison à la mort de son père, se promène dans Paris, il parcourt en quelque sorte la galerie de ses ancêtres. Le Palais Bourbon est pour lui, non seulement un bâtiment public, mais aussi une maison qui fut construite pour l'un de ses grands-oncles. Lorsqu'il admire la Sainte Chapelle, il peut penser à l'un de ses aïeux qui l'a fait édifier. Notre-Dame de Paris lui rappelle cet ensemble de rois, ses ancêtres, qui y ont entendu la messe. Si cette famille ne possède pas matériellement ou juridiquement les «palais de la République» -qui sont en réalité d'anciens palais royaux- elle est réellement chez elle en France. Elle n'est pas une famille comme les autres et se trouve à cet égard dans une situation absolument singulière.

La priorité de la famille d'Orléans était de régler le conflit engendré par la succession du Comte de Paris. Le Comte de Paris a eu dix enfants, qui sont soumis au droit commun et doivent donc se partager le patrimoine. Comme ils n'ont pas pu s'entendre pour la répartition des biens, ils cherchent à régler la situation via une vente aux enchères. Et du même coup, en finir avec les brouilles familiales et les disputes un peu médiocres qui opposaient les princes les uns aux autres.

Un haut fonctionnaire a pourtant confié au Figaro: «Les héritiers se disqualifient. On ne peut pas dire depuis des siècles que l'on est au service de la France et vendre des biens historiques. En plus, dans une maison américaine»…

Cette famille qui a construit la France n'a pas besoin pour survire de posséder matériellement des objets. Le carnet de dessins de Louis XIV, qu'il échoue dans un musée américain ou entre les mains d'un industriel chinois, restera toujours lié à cette famille. Et à la France.À de nombreuses époques des souverains français ont dû se défaire de certains biens, parce qu'ils avaient des besoins pressants, ou qu'ils cherchaient à conserver ou à recouvrer leur pouvoir. Pendant la révolution française, le futur Louis-Philippe, en exil, fut obligé pour vivre de donner des cours particuliers de mathématiques à des familles bourgeoises, sans cela remette en cause son appartenance à une lignée qui a fait la France. Cette famille ne pourra jamais vendre son seul patrimoine essentiel, l'histoire; et aussi longtemps qu'elle subsistera, elle demeurera l'incarnation de la mémoire, de notre mémoire nationale. Quoi qu'il se passe, et quoiqu'elle fasse, cette famille sera toujours l'héritière de Saint Louis et d'Henri IV.

Quant à Stéphane Bern, qui fait pour la préservation et la diffusion de cette mémoire un travail admirable, il a probablement déclaré ceci sous le coup de la surprise et de la déception, ce que l'on peut évidemment comprendre. Mais au fond de lui-même, il sait parfaitement, comme le montrent d'ailleurs ses livres et ses émissions, que ce n'est pas parce qu'une famille qui a construit la nation française met en vente quelques tableaux, que cela remet en cause l'essentiel: sa nature, sa place et son rôle.

Il s'agit tout de même d'objets constitutifs de l'histoire française qui risquent de se retrouver dans des pays étrangers…

L'histoire des Français ne sera pas moins vivante si ces objets sont entre les mains d'un collectionneur français, américain ou chinois, que s'ils restent au fond d'une malle dans le grenier d'une propriété appartenant à la famille d'Orléans.

Le curé d'Ars disait: «un linceul n'a pas de poches». L'histoire non plus! Alors, bien sûr, il serait souhaitable que l'Etat préempte un certain nombre d'objets. Mais je me rappelle toujours ce que disaient les Goncourt des ventes aux enchères. Ces collectionneurs férus d'art avaient précisé par testament qu'ils ne voulaient surtout pas que les objets qu'ils avaient accumulés restent regroupés au fond d'un musée où ils prendraient la poussière. Ils formaient, au contraire, le vœu qu'ils soient dispersés aux enchères, afin de susciter à nouveau l'émerveillement devant leur beauté. On peut -pourquoi pas?- considérer la vente des biens des Orléans sous cet angle. Le fait que des souvenirs de la famille de France soient achetés à prix d'or par des collectionneurs des quatre coins du monde est aussi un moyen de faire vivre l'histoire et l'esprit français.

Dans Sire et Le roi au-delà de la mer, Jean Raspail imagine un jeune descendant des Capétiens, cousin de la famille d'Orléans et des Bourbons d'Espagne, qui agit dans ce 21e siècle pour reconquérir son royaume. Le rétablissement monarchique est-il de l'ordre de l'utopie de roman? Cette question se pose d'autant plus qu'à l'occasion de la venue du roi d'Espagne en France cette semaine, des députés ont protesté contre le fait que Philippe II prononce un discours à l'Assemblée nationale…

À toutes les époques, la France a accueilli des souverains ou des chefs d'État étrangers qui ont pris la parole devant les assemblées. Ces réactions me paraissent donc la marque d'une étroitesse d'esprit et d'un sectarisme un peu ridicule. Du même ordre, du reste, que celles que suscitent auprès de certains politiciens de même obédience le succès des Secrets d'histoire de Stéphane Bern…

Quant à la question proprement politique, seul l'avenir pourra nous dire si une restauration monarchique est possible en France. L'un des grands secrets de l'histoire, c'est qu'elle est pleine de surprises. Et pour ce qui est de sa pertinence, n'oublions pas que la Ve République a été fondée en 1958 par le Général de Gaulle, qui n'a jamais caché son attachement à la tradition monarchique et à la famille de France, et qui a toujours reconnu que le système politique qu'il venait de créer était une «monarchie républicaine». N'oublions pas, enfin, que nous vivons dans un monde où pratiquement tous les états sont des «monarchies», dans le sens où il y a toujours une personne qui dirige. Les pays ont compris le besoin d'avoir à leur tête une personne qui dispose du pouvoir et incarne une certaine légitimité.

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Soutenons les chrétiens d'Orient

3 Juin 2015, 17:00pm

Publié par AF Provence

Pour témoigner notre soutien aux victimes des génocides chrétiens d'Orient et d'Afrique,

rendez-vous le vendredi 5 juin à 18h30 sous l'ombrière du Vieux port de Marseille

Si possible, ayez un détail vestimentaire orange.

Pour toute question ou aide à l'organisation, contacter genocidechretienorientafrique@gmail.com

 

Soutenons les chrétiens d'Orient

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Lettre sur la légitimité, par Pierre de Meuse

1 Juin 2015, 06:26am

Publié par AF Provence

Le prince Louis de Bourbon était en visite en Bretagne samedi 30 et dimanche 31 mai. A cette occasion, il a fait au Télégramme différentes déclarations reproduites avant-hier samedi sur le site internet du quotidien breton. Ces déclarations ont fait l'objet d'une Lettre sur la légitimité, de Pierre de Meuse, parue peu après dans le forum des débats du Télégramme. Elle a également été publiée sur la page Facebook et sur le site de Lafautearousseau. Nous la mettons en ligne, sur le blog de l'AF-Provence, aujourd'hui, pour une plus large audience. Est-il utile de préciser que nous en partageons les termes et l'esprit ? AF-Provence

 

955344382.jpgLa monarchie légitime est malheureusement abolie depuis 185 ans. Dans l’ordre juridique actuel, n’importe qui a le droit de revendiquer la couronne de France. Toutefois, si on le fait au nom du droit dynastique et de  l’Histoire, il faut respecter les faits historiques. Or Louis Alphonse de Bourbon, que vous avez interrogé, a commis un certain nombre d’erreurs qui en disent long sur le bien-fondé de sa prétendance.

  D’abord, il nous parle des Bourbons, « famille française depuis plus de 1.000 ans. » Faut-il rappeler que les Bourbons commencent en 1256 en tant que branche de la famille royale, et ne deviennent héritiers de la couronne qu’à la mort d’Henri III, à la fin du XVI° siècle ? La famille royale millénaire est bien la dynastie capétienne, à travers ses divers rameaux. 

  Ensuite, s’il est vrai que le Prince Henri d’Orléans est le descendant direct de Louis-Philippe, ce n’est nullement de la Monarchie de Juillet qu’il tient sa légitimité, mais de l’épuisement de la branche aînée dans les mâles à la mort d’Henri V, Comte de Chambord. Contrairement à ce que dit Louis Alphonse, il n’y a plus d’orléanisme, ni de légitimisme, d’ailleurs, depuis que, le 3 août 1873 le premier Comte de Paris reconnut Henri V comme roi de jure et renonça à porter les insignes de 1830. A la mort du prétendant de Frohsdorf, il devint Philippe VII et non Louis-Philippe II comme le réclamait une partie de sa famille, qui le déshérita pour cela. Du reste, si le terme « orléanisme » signifie une option libérale et centraliste, par opposition au royalisme traditionnel, alors Louis de Bourbon peut considérer avec regret ses propres aïeules et aïeux les reines Marie-Christine et Isabelle, ainsi que les rois Alphonse XII et Alphonse XIII, dont la doctrine de gouvernement était identique à celle de Louis Philippe. 

  Enfin, Louis de Bourbon rappelle de manière surprenante pour expliquer sa vie à l’étranger les « mesures d’exil qui ont frappé les familles royales ». Certes, mais non la sienne, qui ne fut touchée ni par la loi de 1832, ni par la loi de 1848 ni par celle de 1886 qui ne proscrit que les Orléans et les Bonaparte. Et pour cause ! Les Bourbons isabelins dont Louis est l’héritier régnaient alors sur l’Espagne, et ne songeaient nullement à revendiquer la couronne de France. Et lorsque le grand père de Louis, après la mort de son père, le roi Alphonse XIII, se découvre appelé par une vocation irrépressible à la prétendance, il va tranquillement passer sans entraves d’un pays d’Europe à l’autre, tandis que les Orléans restent frappés par la loi d’exil jusqu’en 1950, revenant ensuite dans leur patrie pour toujours sans jamais cesser de se déclarer prêts à accomplir leur devoir historique.  Car renouer les liens déchirés du charisme monarchique diffère grandement de la simple transmission d’une couronne : il y faut une longue suite de sacrifices et d’efforts, bien plus que deux voyages par an, mais un amour exclusif de notre pays, une disposition de tous les instants, une solidarité obstinée à travers les siècles. La couronne de France n’est pas un lot de consolation pour des princes injustement traités par leurs cousins. 

 

Pierre de Meuse

 

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